Une saison... Un entrepreneur de jardins

Laurent Dabomprez, jardinier du cœur
et de l’émotion

22.10.2021

Laurent souhaitait approcher « une nouvelle vision du jardin, accueillante pour la biodiversité comprenant la création d’espaces fleuris, l’installation de ruches et le suivi d’un potager ».

Laurent Dabomprez

« Nous sommes les gardiens d’un grand jardin, avec une vie qui ne connaît ni limite ni frontière », cette citation de Gilles Clément dans son livre, ‘Le jardin planétaire’, Laurent Dabomprez l’a faite sienne.

Autrefois engagé professionnellement dans le secteur du WEB et des nouvelles technologies, Laurent Dabomprez s’est réorienté, il y a une bonne dizaine d’années, en commençant par l’élaboration d’une formule d’entretien écologique des jardins. Par cette reconversion, Laurent souhaitait approcher « une nouvelle vision du jardin, accueillante pour la biodiversité comprenant la création d’espaces fleuris, l’installation de ruches et le suivi d’un potager ». Suite à de nombreuses demandes d’aménagements, Laurent a proposé la création de jardins dans ses services.

Le jardin,lieu de voyage,
d’immersion, de poésie

« Le jardin doit être un voyage, un lieu d’immersion et de poésie qui fait oublier, le temps d’une promenade, la vitesse du monde qui nous entoure ». Cette phrase résume la vision qu’a Laurent Dabomprez sur nos espaces verts. Et il poursuit : « il (le jardin) doit être une multitude de tableaux en mouvements que nous avons envie de découvrir et parcourir à chaque visite ».
L’émotion doit donc naître dans le cœur du promeneur. Pour cela, le végétal prend une importance prépondérante dans la conception des jardins de Laurent.

« Accompagner la nature plutôt que vouloir la maîtriser » est aussi un axe de la philosophie de Laurent pour l’approche du jardin. Ainsi, la spontanéité trouve toute sa place dans ses conceptions. Celle-ci sera gérée par un entretien en gestion différenciée écologique et sans phyto.
Pour créer la poésie et inviter au voyage Laurent relève l’importance de la passion « qu’il est primordial d’aborder avec un œil artistique ». À cette fin, les aptitudes du jardinier sont de savoir observer, écouter l’endroit, s’intéresser, se documenter et lire sur l’univers des jardins.

Logiquement, pour la conception du jardin, Laurent travaille « au feeling ressenti sur place et dans l’écoute des désirs du client ». « Sur la feuille blanche, je trace, selon l’inspiration, des courbes en tous sens, je crée ainsi des espaces. Ces lignes vont accueillir les différents éléments et proposer une lecture du jardin. Je procède de la même manière pour les plans de plantation de vivaces. Je me projette au fur et à mesure dans le jardin qui se construit. Je me le représente visuellement, mais émotionnellement aussi ».

Le jardin, le végétal d’abord

Pour Laurent, le végétal est la matière première du jardin. Il est adepte des grands espaces fleuris où se mélangent vivaces et graminées dans un style ‘dutch wave’ (vague hollandaise ayant la nature comme source d’inspiration) dont il avoue avoir l’intention d’en faire sa spécialité. Il affectionne particulièrement les vivaces et les bonnes associations qui vont mettre en avant certaines plantes d’apparence insignifiante qui auront toutes leurs chances dans un parterre réfléchi.

« J’avoue avoir un petit faible pour quelques ombellifères qui viennent gracieusement et graphiquement s’imposer dans les massifs : Peucedanum verticillare ou Selinum tenuifolium. Il y a aussi le vaporeux : Limonium latifolium connu par les amateurs de fleurs séchées, et les Camassia pour la floraison de printemps. Mais aussi les Pycnanthenum, Echinacea, Eupatorium, Salvia nemorosa, Aster sonora, Acanthes, Lithrum salicaria, Monarda … Je ne m’arrêterais pas… les surprenants Trycirtys hirta et je n’ai pas abordé les graminées qui rendent chaque scène naturelle ».

L’indispensable lien entre le jardinier,
le propriétaire du jardin
et le paysagiste

Pour réussir un projet, Laurent estime que la bonne collaboration avec le propriétaire du jardin est PRIMORDIALE. Lors de chaque phase, cette relation est importante et il souhaite que le client s’implique.
Il en va de même pour la relation avec l’architecte paysagiste si il y en a un. Bien souvent, Laurent dessine lui-même ses jardins, mais s’il collabore, il est nécessaire qu’il soit impliqué dès le début du travail de création et que l’architecte soit à son écoute.

« J’apprécie les échanges d’idées entre confrères/consœurs qui ont la même vision du jardin. Les gribouillis et autres esquisses partagés démultiplient nos imaginations respectives, et in fine la beauté du projet ».

La technologie au service de l’artiste jardinier

N’oublions pas que Laurent est à la base un professionnel du web. Par conséquent, il utilise particulièrement les outils numériques mis à sa disposition pour magnifier son art en tant que jardinier. Et il en parle avec passion et conviction.

« Lorsque l’on parle de nouvelles technologies, je pense aux outils de conception assistée par ordinateur (CAO), qui donnent maintenant des rendus 3D de plus en plus proches d’une perspective réalisée à la main. Il est même possible de s’immerger dans un projet en réalité virtuelle. Pour le client, plus de doutes sur les intentions de l’entrepreneur : tout est dans l’écran du casque. C’est un atout non négligeable pour les clients qui rencontrent des difficultés de projection ou de transposition mentale du plan à l’imaginaire 3D. Vu que nous travaillons avec du vivant, j’émettrais encore quelques doutes sur ce type de technologie qui pourrait desservir certains projets et qui classerait une fois de plus le végétal comme une simple élément de décor ».

« Dans la gestion quotidienne, le suivi des chantiers et des équipes, faute de trouver une solution facile et adaptée, j’ai développé un logiciel et une App, initialement pour mes besoins, mais que je propose à mes confrères du secteur (www.wad.work). WAD est un outil adapté qui répond exactement aux besoins des entrepreneurs et de leurs équipes de terrain : se libérer l’esprit grâce à une centralisation des informations amenées par chacun. L’entrepreneur a ainsi à sa disposition, sans rien faire, les historiques de prestations par chantier (qui, quoi, quand, où ?), un tableau de bord de sa rentabilité par projet, les absences et les présences de son personnel. L’équipe a accès à toutes les infos de chaque chantier, le planning, les photos, des mémos… ».

Et le mot de la fin …

Selon Laurent, le métier d’entrepreneur de jardins est un des plus difficiles qui soient. L’entrepreneur de jardins doit savoir tout faire : construire, planter, carreler, connaître les plantes, terrasser, clôturer, tailler, drainer, amender, déblayer, semer, construire des pièces, d’eau, électrifier … Toutes ces qualités doivent être associées à la capacité de s’adapter aux aléas météorologiques.

Quant aux joies du métier, laissons la parole à notre poète-jardinier : « Voir chaque jardin évoluer, savoir se retourner en étant fier du travail accompli, dans une relation d’échange avec des clients satisfaits, sont aussi les clés d’un jardinier heureux ».

Laurent Dabomprez

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